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Quand les mots rencontrent des notes

Né à Kisangani, dans la province orientale de la RD Congo, fils d’un artiste musicien Congolais et d’une mère Rwandaise, Samuel KAMANZI TSHIMANGA quitte son pays natal pour rejoindre celui de sa mère, le Rwanda. Après avoir obtenu une licence de gestion à l’Université Nationale du Rwanda, il s’envole pour la France, à Poitiers, pour y poursuivre des études dans le domaine de la musique. Ce virtuose de la guitare a accompagné dans sa jeune carrière certains grands noms de la musique Rwandaise et Africaine dont Nirere Shanel, Ben Kayiranga, Cécile Kayirebwa, Lokua KANZA…et Gaël Faye.

Et c’est pour parler de sa collaboration avec ce dernier et de leur tournée à travers toute la France que ce tout jeune marié (depuis 3 mois seulement) a pris le temps de répondre à nos questions.

 On vous a vu sur scène avec Gael Faye au Rwanda, en Belgique et maintenant en France, vous semblez inséparables! Parlez-nous de votre rencontre, comment s’est-t-elle faite?

Au CEC de Bruxelles Photo: Aimable Karirima

Gaël et moi on s’est rencontré en 2012, alors que je travaillais sur un projet artistique “Mboka” à Ishyo Art Center.

…son talent m’a littéralement éblouit le cœur!
Il est passé voir les répétitions et c’est là qu’on a fait connaissance. On s’est revu quelques jours plus tard, on a beaucoup parlé de son album “Pili pili sur un croissant au beurre” qui m’avait profondément touché tant musicalement, qu’au niveau des textes qui sont d’une poésie profonde. Le thème sur le métissage résonnait tellement fort en moi à ce moment-là, vu mes origines de Congolais-Rwandais, un métissage pas facile des deux côtés…

En plus du voyage émotionnel qu’on vit tout au long de son album avec des titres comme “Métis”,“Isimbi”, “Pili pili”, “Bouge à Buja”, “l’ennui des après-midi sans fin”, ”Petit Pays” pour ne pas tous les citer 🙂 , son talent m’a littéralement éblouit le cœur!
On s’est retrouvé l’année d’après, en 2013 lors d’un de ces concerts à l’Alhambra à Paris. Ces retrouvailles marqueront le début d’une suite de collaborations artistiques dont cette tournée musicale du roman “Petit Pays”.

Comment est née l’idée de cette collabo? Est-ce purement artistique ou lié à vos origines communes?

Le livre raconte une histoire que nous partageons tous les deux…
Cette collaboration sur la lecture musicale de “Petit Pays” est née d’une envie de Gael qui voulait présenter son roman différemment que par une simple lecture comme les autres écrivains le font. C’est ainsi qu’il m’a proposé de l’accompagner en mélodie. Le livre raconte une histoire que nous partageons tous les deux, Gael et moi, elle résonne en nous. Cela nous permet de la conter avec le cœur, d’en transmettre les émotions et de rester le plus juste possible, authentiques, dans la lecture de “Petit Pays”.

Deux jeunes artistes Rwandais qui font une tournée d’une trentaine de dates dans la France profonde, à guichets fermés! Comment vous expliquez cet engouement?

🙂 On a été ravis de voir que toutes les salles étaient complètes. Après, personnellement je trouve qu’il le mérite tellement… car il touche vraiment le cœur des gens. Il  possède un si  grand talent, une belle plume et est d’une générosité sincère et profonde. Voir le succès du roman “Petit Pays” parmi les meilleurs ventes en France, traduit en une trentaine de langues, les prix reçus, tous cela démontre à quel point c’est un artiste qui touche et émeut son public. Cela donne envie de le lire, d’aller le voir, de l’écouter. En tant que fan, j’ai cette chance et l’immense plaisir, chaque soir, de l’écouter sur scène tout en jouant à ses côtés.

Sur scène vous accompagnez Gael Faye, dans la lecture des extraits de son livre “Petit Pays”, avec votre guitare et même dans la lecture! Comment vous êtes vous reparti les rôles, avez vous eu un metteur en scène?

Non, nous n’avons pas eu de metteur en scène. On a travaillé ensemble sur la construction de la lecture,  lors d’une résidence  de 4 jours à la maison de la Poésie, durant lesquels nous avons réfléchi à la construction de la lecture musicale, à l’habillage de textes choisis, avec des moments d’interactions à deux, des moments musicaux, tous cela habillé d’une d’une création lumière grâce à la contribution d’Olivier Germain, ingénieur lumière de talent qui nous accompagne sur la tournée.

Samy avec la diva de la musique Rwandaise Cecile KAYIREBWA lors de la soirée culturelle “NK’IWACU” organsée par SANGWA Roger, à Lille. Photo: JR Mistik.

 Vous êtes en tournée pour plusieurs semaines, a quoi ressemble un jour-type?

Pour cette tournée nous sommes 3 sur la route accompagnés par Olivier Germain ingénieur lumière du spectacle, qui s’occupe de toute la partie régie générale regroupant le contact avec les salles, les réservations d’hôtel, le transport, vu qu’on voyage en train et en voiture. De temps en temps, Tom Routier et Eva Chaguiboff, qui sont les managers de Gaël, nous accompagnent sur quelques dates.

Une journée type démarre le matin, on se retrouve dans une des gares de Paris qui nous amène à une première destination. Une fois arrivés, on loue une voiture et on rejoint la salle où l’on joue. Une fois sur place, après une pause déjeuner, on fait les balances dans la salle, ainsi que les lumières entre 15h et 17h. Ensuite on va à l’hôtel s’installer, se reposer un peu. Puis, soit on dîne vers 19h, ou après le spectacle, qui démarre généralement à 20h30.

Cette tournée ne concerne que la France, avez-vous prévu d’autres dates ailleurs? En Afrique, au Rwanda par exemple?

On a souhaité faire cette tournée en France sur une courte période d’un mois et demi et nous arrêter là car, émotionnellement, la lecture musicale n’est pas facile pour nous.
Concernant le Rwanda on a déjà fait une lecture musicale à la librairie publique de Kigali au mois de Février. On espère un jour faire une tournée Africaine dans quelques villes francophones, à Bujumbura au Burundi quand les conditions nous le permettront, ainsi qu’en RD Congo.

Quels sont vos propres projets musicaux après cette tournée?

En ce moment je travaille sur mon album, mon premier projet solo qui sortira l’année prochaine au printemps 2018, en mars.

Photo principale: Chris SCHWAGGA

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